Dotée d’un timbre corsé de soprano lyrique aigüe, Jeanne Crousaud se destine à présent, après dix ans de carrière dans le répertoire léger, aux rôles lyriques seria, de tragédiennes ainsi qu’aux héroïnes belcantistes. Sa haute stature en scène, sa maîtrise de la ligne de chant alliée à une prédilection pour les aigus pianissimi en font en outre une interprète choix pour le grand répertoire romantique français (Esclarmonde, Thaïs, Ophélie de Hamlet, Leïla de Les Pêcheurs de Perles, Juliette) autant que pour les répertoires mozartien (La Reine de la Nuit de La Flûte Enchantée, Donna Anna de Don Giovanni) et belcantiste (Lucia di Lammermoor, Les Puritains). C’est à présent dans ces rôles qu’il conviendra de l’entendre dans nos théâtres nationaux.

 

      Après un cursus complet d’études musicales au CNSM de Paris, Jeanne Crousaud se voit confier simultanément deux premiers rôles : Ciboulette dans Mesdames de la Halle d’Offenbach à l’Opéra-Studio de Lyon, et Le Petit Prince dans l’opéra éponyme de Michaël Lévinas paru chez Claves (Théâtre du Châtelet, opéras de Lausanne, Genève, Lille) dans lesquels elle remporte un vif succès. Ces deux emplois caractérisèrent d’emblée la « double » carrière de la jeune chanteuse : une partie dédiée à la création musicale et théâtrale contemporaine, réalisant des collaborations avec les compositeurs les plus joués de ce siècle (Michaël Lévinas, Francesco Filidei, Jules Matton, Violeta Cruz, Jean-Luc Hervé, Benjamin Attahir). L’autre, au service des répertoires français, mozartien et italien (Blondchen de L’enlèvement au sérail, Aspasia de Mitridate, Fantasia dans Le Voyage dans la lune, Elvira dans L'Italiana in Algeri, Arthur dans La Nonne Sanglante et Musetta dans La Bohème.) Elle s’illustre finalement au disque avec, entre autres, Le Pré aux Clercs de Ferdinand Hérold (éditions du Palazzetto Bru Zane) et La Sirène d’Auber chez Naxos.